Le fantasme de la mort endormie

11 mars 2015

Attention, signal d’alarme !

LA PROPOSITION DE LOI LEONETTI-CLEYS, passée en commission le 17 février, sera examinée par les députés le 10 mars. Elle pourrait établir une dangereuse confusion entre sédation et euthanasie et transformer les médecins en anesthésistes de fin de vie,

  • en privant le malade du temps de lâcher prise
  • en donnant parfois aux familles le sentiment, à tort ou à raison, d’être pour quelque chose dans la décision d’accélérer la mort d’un proche.

mais aussi,

  • en rendant la sédation opposable au médecin,
  • en renversant à l’excès la relation médecin-malade car cette automédication passera « quand même par un prescripteur tout en lui contestant une autorité critique », (Docteur Sylvain Pourchet, ancien responsable de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Paul Brousse à Villejuif).

Une mort endormie est-elle vraiment préférable ? En effet ,« lorsque les proches basculent dans l’idée de la mort, le malade le ressent et demande à mourir » (Jérôme Alric, psychologue au CHU de Montpellier) sans vraiment y avoir consenti. Il est donc urgent de former les médecins au traitement de la douleur et de développer les soins palliatifs grâce auxquels les malades ne demandent plus la mort. Soulager mais pas tuer. Or la France a pris du retard par rapport à ses voisins. De plus compte tenu de l’ampleur de nos déficits, il serait évidemment beaucoup plus économique d’injecter une solution létale, dont le prix est totalement dérisoire alors que l’hospitalisation des personnes en fin de vie a un coût énorme.

Depuis des lustres, les choses étaient dites, on ne supprime pas son semblable. « Il revient à notre époque le triste privilège d’avoir inventé l’homicide par amour, sa légalisation, voire son remboursement par l’assurance maladie. Ainsi, vivons-nous un retour des surhommes et des sous-hommes, les surhommes obtenant le droit de se débarrasser des sous hommes avec élégance - puisque par altruisme » (Jean Marie le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune). On arrive même à s’en débarrasser avec leur consentement, ou mieux, grâce à leur demande, tant la pression des lobbys pro-euthanasie présentant cette solution comme idéale tout en surmédiatisant des cas extrèmesisa, au nom de la liberté et de la dignité, est devenue prégnante dans la société, 

« Cette nouvelle conquête s’appuie sur la légalisation de l’avortement : puisqu’on a accepté l’euthanasie in utero, on ne voit pas pourquoi on la refuserait ex utero. Logique facétieuse et tragique qui verra en quelque sorte les rescapés de l’avortement se retourner contre la génération fossoyeuse de la culture de vie et l’expédier ad patres ». (J. LE Méné)

A LIRE : le dossier sur LE FAMILLE CHRETIENNE DU 23 FEVRIER 2015 avec le témoignage de Philippe Pozzo di Borgo : « tu n’es plus digne parce que tu es hors de la norme ».


Mireille Mège

Pôle paroissial « Promotion de la vie »