Février 2016

29 janvier 2016

Chers amis,
Vous savez qu’une jeune de notre paroisse, Claudia, a donné une année au Seigneur pour se mettre au service des plus petits dans l’œuvre de Points-cœur.
Nous vous laissons ici un témoignage qu’elle nous a envoyé pour que vous continuiez à penser à elle et à porter sa mission dans votre prière.

P. Paco

* * *

Chers paroissiens de Saint Agricol,

Avant de commencer je tiens à m’excuser d’avoir mis autant de temps à vous écrire et je tiens encore à vous remercier de me permettre de vivre cette expérience. Je pense et prie tous les jours pour vous et n’oublie pas que c’est grâce à votre soutien et vos prières que je suis là.
Cela fait plus de 3 mois que je suis arrivée dans ce quartier de Simoes Filho qui s’appelle La Coroa da Lagoa. Le Point-Coeur où je vis se nomme la Sainte Famille : il existe depuis 1994 . Dans cette Maison je vis avec 5 filles : Ania, 29 ans, Polonaise, Mayra, 28 ans, Equatorienne qui vit au Etats Unis, Virginia, 25 ans qui est Argentine, Jessica, 32 ans qui est Salvadorienne et Monica, 33 ans qui est Polonaise.
Pour vous donner une idée de ce que représente ma mission, je vais vous décrire mon quotidien au Point- Cœur : Dès 7 heures, nous nous retrouvons dans la chapelle qui se trouve dans notre maison pour prier les laudes. Car nous avons cettre grâce d’avoir une chapelle et le Saint Sacrement dans notre maison, c’est, je vous le rappelle, une des choses qui m’ont fait choisir Point-Coeur pour partir en mission.
Après le café du matin, on démarre toutes nos tâches de la vie quotidienne. Ici, tout est bien organisé. Ici, j’essaie de mettre en pratique les mots de la Petite Thérèse de l’Enfant Jésus :mettre de l’AMOUR dans les petits gestes de la vie quotidienne ce qui n’est pas simple tous les jours. A midi, nous mangeons et une petite sieste s’impose pour démarrer notre deuxième journée car avec la chaleur, ici nous sommes réveillées très tôt. A 14h30 nous prions le chapelet, moment très important et très fort dans notre maison où les enfants sont la tous les jours au rendez vous et je peux vous dire que c’est un moment où nous prions beaucoup pour vous. Pendant la période des attentats, c’était bouleversant d’entendre les enfants prier pour la France dans leurs intentions de prières.
Ensuite, deux d’entre nous restent à la maison pour la permanence avec les enfants. Nous recevons les adultes qui passent pour discuter. Pendant ce temps, 2 groupes de 2 se forment et nous partons en visite dans les familles. Je peux vous dire que je connais déjà tout le monde : c’est impressionnant.
Ce sont des moments très riches en émotion et en ces premiers temps où j’avoue que cela n’ a pas toujours été facile, j’apprends encore une chose qui n’a pas été évidente á accepter, c’ est me laisser CONSOLER et AIMER par toutes ses nouvelles personnes que je rencontre.
Vers 18 Heures on se retrouve pour prier les vêpres ; le repas ici s’appelle le café du soir et nous voilà reparties pour 30 minutes de marche pour la messe. Et ici les messes de semaines sont les mêmes que les messes du dimanche, donc je vous laisse imaginer à quelle heure nous rentrons.
Et pour notre dernier rendez-vous dans la chapelle je ne vous donnerai pas d’heure. Je vous laisse un peu imaginer, vue la phrase ci dessus... C’est le moment des pardons et remerciements communautaires. Un moment de grâce, primordiale pour vivre au mieux notre mission.
Voilà un petit aperçu de ma nouvelle vie à la Coroa. Nous avons aussi deux apostolats extérieurs au quartier une fois par semaine : nous visitons un orphelinat à Simoes Filho une fois tous les 15 jours et nous visitons aussi une communauté qui héberge des sans-abris. J’ aurai l’occasion de vous en parler dans une prochaine lettre.
Un Noël pas comme les autres
Je vous avoue que ce Noël, je l’appréhendais, car c’est la première fois que j’allais être loin de ma famille. Donc, je me suis mis à espérer la venue de notre Seigneur comme une enfant qui a hâte de découvrir ses cadeaux de Noël. Car une des premières choses que j’ ai apprise, c’est de tout réapprendre comme une enfant et je peux vous dire qu’à 34 ans, c’est douloureux.
Nous décidons donc avec les filles, de faire le grand ménage dans la maison pour accueillir au mieux JESUS. On prépare notre chapelle. Avec les enfants nous avons décoré la maison, préparé la crèche. Tous ces moments de partages nous ont permis d’espérer ensemble la venue du Seigneur.
Pour le réveillon, nous avons dîné simplement toutes les 6, nous sommes allées à la messe et nous avons prié dans notre chapelle lors d’une nuit d’adoration. Petit à petit je commençais à prendre conscience que mes sœurs de communauté représentaient ma nouvelle famille et que cette maison devenait ma maison.
Nous décidons de préparer un repas chez nous le 25 déc. et d’inviter nos amis qui se retrouvent seules ce jour-là. Nous nous sommes levées très tôt pour préparer le repas et nous rendre à la messe . C’est alors que nous nous rendons compte que le débit de l’eau est très faible, jusqu’au moment où l’on s’aperçoit qu’il n’y a plus d’eau. Et ce n’est pas fini : les premières marmites commencent à chauffer quand on se rend compte qu’il n’y a plus de gaz. Pas le temps de s’apitoyer sur notre sort : nos seules pensées vont vers nos amies qui sont dans l’attente de se retrouver pour partager, pour fêter ensemble. Je pense à Saint François : « C’ est en s’oubliant soi-même que l’on se retrouve soi même..
Nous continuons dans la joie à finir de préparer notre table et, petit à petit nos invités arrivent. Nous partageons ce repas très simple : feijão (haricots secs), riz, salade et jus de fruits, mais je me rends compte ici que la nourriture n’est pas ce que recherchent nos mais. Ce jour-là, c’était notre compagnie, vivre un moment de partage.
En racontant ce Noël à un ami il m’a dit : mais tu ne te rends pas compte que tu as vécu la crêche.....
La vie au Point-Coeur est très intense, avec ses moments de joie et ses difficultés mais je peux vous assurer que le 25 decembre 2015, Jésus est né dans la Sainte Famille.
Merci de prier pour ma communauté. Je vous confie aussi toutes ces familles tous ces enfants.
Encore merci pour vos lettres, vos prières, tout l’amour que vous me portez. 

CLAUDIA

Point-Coeur de la Sainte Famille Claudia Botozaza Simoes Filho – Bresil 22/01/2016 Lettre n 1